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Interview de Nassib Lahoud à "Magazine": Oui à un élargissement du Cabinet Siniora.

«Il faut donner aux Libanais l'assurance d'un gouvernement élargi incluant l'opposition, mais garantissant qu'il n'y aura pas de risque de démission collective et que tous les députés seront présents à la séance de l'élection présidentielle.» Nassib Lahoud considère que la France continue, comme par le passé, à vouloir aider le Liban et affirme que tous les Libanais sont contre l'implantation des Palestiniens.

Maintenant qu'est levé l'obstacle du tribunal international, la formation d'un gouvernement d'union nationale avec un tiers de blocage concédé à l'opposition a-t-elle plus de chance d'aboutir?
Je souhaite que les efforts déployés en vue d'élargir le Cabinet Siniora aboutissent. Je pense que tous les Libanais souhaitent que leur pays rentre dans une période de stabilité. Une partie d'entre eux pense que celle-ci peut être assurée par la participation de l'opposition au gouvernement (avec le tiers de blocage). Une autre partie considère que cette stabilité est assurée grâce à la bonne gestion du gouvernement et par l'élection présidentielle dans les délais fixés par la Constitution pour éviter le risque de vide gouvernemental et présidentiel. C'est pourquoi il faut donner aux Libanais l'assurance d'un gouvernement élargi incluant l'opposition et la garantie qu'il n'y aura pas de risque de démission collective et que tous les députés seront présents à la séance de l'élection présidentielle. C'est d'ailleurs la position exprimée, à plusieurs reprises, par le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, et par l'Assemblée des évêques qui a dit clairement que tous les parlementaires doivent êtres présents à cette élection, quel que soit leur candidat. Ceci signifie que le problème du quorum ne devrait plus se poser.

L'émissaire français Jean-Claude Cousseran tente de paver la voie à une rencontre inter-libanaise en France. Cette initiative a-t-elle des chances de réussir, alors que tout semble indiquer que les Etats-Unis souhaitent la torpiller en soutenant inconditionnellement le Cabinet de Fouad Siniora?
Ce n'est pas seulement le président américain qui soutient le gouvernement de Fouad Siniora. A la réunion du G8 qui réunit les grands de ce monde, les participants ont exprimé leur appui au gouvernement légal du pays. En ce qui a trait à l'initiative française, la politique de cet Etat est claire et n'a pas changé. La France a aidé le Liban à recouvrir sa souveraineté, grâce à la résolution 1559, et à mettre fin à l'agression israélienne, grâce à la 1701. La France a organisé la conférence de Paris III pour soutenir notre économie et a œuvré à la formation du tribunal international. Tous ces efforts de la part de la France ont été faits en partenariat avec les Américains et les pays arabes. Aujourd'hui, la France complète son action en encourageant les Libanais au dialogue et en les aidant à rebâtir l'unité nationale.

Guerre à Nahr al-Bared, instabilité sécuritaire, risque d'implantation, allons-nous vers le chaos constructif prôné par les Américains?
Je ne pense pas que le chaos puisse être constructif. Ce concept est, par essence, destructeur. Il faut l'éviter à tout prix. Ce qui se passe à Nahr al-Bared est le fait d'une bande de terroristes qui a agressé l'armée et tué de sang-froid 30 soldats. Cette organisation doit être démantelée et ses membres doivent comparaître devant les tribunaux. Quant à l'implantation, tous les Libanais sont unanimes pour la combattre. Je considère qu'il n'y a pas de relation entre l'implantation et les événements de Nahr al-Bared.

Certains pôles politiques mettent en garde contre un complot fomenté contre l'armée pour l'affaiblir, en vue d'élargir le rôle de la Finul et assurer son déploiement à la frontière libano-syrienne. Avez-vous eu vent d'un tel projet?
L'Armée libanaise sortira renforcée du combat légitime qu'elle mène à Nahr al-Bared. Elle sera encore plus unie et plus motivée. Quant au déploiement de la Finul, il n'en est pas question actuellement. Il s'agit de renforcer les moyens techniques de l'armée et des forces de sécurité pour qu'elles puissent contrôler les frontières de manière efficace.

Propos recueillis par Danièle Gerges - L'Hebdo Magazine

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