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Interview de Nassib Lahoud ? 'Magazine': J'appuierai le candidat du '14 mars' quel qu'il soit

En sortant de chez Samir Geagea, vous avez annoncé votre candidature à la présidence de la République si vos alliés et les autres forces politiques vous appuyaient. Etes-vous officiellement le candidat du 14 mars?

Je serai candidat à la présidence de la République si le Mouvement du 14 mars adopte ma candidature. Dans le cas où il proposerait et appuierait quelqu'un d'autre issu des rangs de cette coalition, je soutiendrai fermement ce choix.

 

Dès le lancement de la campagne pour la démission du président Emile Lahoud, Samir Geagea a déclaré que le patriarche Nasrallah Sfeir sera satisfait du candidat qui lui succèdera. Le nom de ce candidat est-il déjà connu?

Non. Mais il existe une forte volonté sur la scène politique pour que le prochain président jouisse de la confiance de tous les Libanais et plus particulièrement du patriarche Sfeir qui est le chef spirituel de la communauté dont est issu le chef
de l'Etat.

 

Le patriarche Sfeir a visiblement retiré sa couverture à Emile Lahoud. Il a quand même émis certains souhaits dont celui de la non-utilisation de la violence et d'un consensus sur la personne de son successeur. Ces souhaits sont-ils et seront-ils respectés?

Nous avons l'intention de remplacer Emile Lahoud par des moyens politiques et, surtout, sans avoir recours à la violence. Nous utiliserons les voies en vigueur dans tous les régimes démocratiques. Le patriarche a également défini les qualités qu'il souhaitait voir chez le prochain président. J'espère que le profil de ce dernier s'articulera sur des compétences reconnues. Il devra respecter les valeurs démocratiques et les libertés, jouer le rôle d'arbitre et bâtir un Etat moderne, un Etat de droit, qui replacera le Liban sur l'échiquier régional et international

 

Vous semblez sûr de la prochaine destitution d'Emile Lahoud. Pourtant à ce jour vous n'avez pas encore trouvé des moyens constitutionnels ou autres pour l'amener à démissionner?

Pour mettre fin d'une manière constitutionnelle à ce mandat, nous devons assurer une majorité des deux tiers à la Chambre des députés. Nous essayons actuellement de mettre en œuvre une panoplie de moyens politiques, populaires ou autres pour l'amener à démissionner. Nous pensons profondément qu'Emile Lahoud n'a plus les moyens d'exercer la fonction de président de la République.

 

La date limite fixée par la coalition du 14 mars pour la démission de Lahoud sera-t-elle respectée dans la conjoncture actuelle?
Lors de la dernière réunion élargie que nous avons tenue, nous avons demandé au président de mettre fin à son mandat avant le 14 mars, date symboliquement importante pour la majorité des Libanais. Nous essayons de tout mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Mais si cela s'avère impossible, nous continuerons quand même notre combat pour placer à la tête de l'Etat un homme capable de faire fonctionner les institutions. Ceci est fondamental et sert les intérêts des Libanais.

Le dialogue national initié par Nabih Berry a commencé. L'ordre du jour convenu répond-il aux ambitions politiques de la coalition du 14 mars?
Le dialogue initié ne doit pas affecter ou affaiblir notre revendication qui est celle de faire élire un nouveau président. En ce qui concerne le dialogue à proprement parler, nous estimons que les paramètres sont acceptables c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de reconsidérer l'accord de Taëf mais de débattre de certaines situations qui n'existaient pas par le passé, comme la résolution 1559, les relations libano-syriennes après le retrait des troupes de Damas, l'enquête et le tribunal international. De nombreux autres points méritent aussi d'être discutés. Mais les trois dossiers précités constituent un bon départ.

Certains partenaires du 14 mars semblent fixer comme condition préalable à la réussite du dialogue, ou du moins à son amorce, une entente autour de la destitution d'Emile Lahoud. Le remplacement du président ne devrait-il pas faire l'objet d'un consensus inter-libanais?
Nous ne bloquerons pas le dialogue en posant des conditions. Le principe du départ d'Emile Lahoud ne devrait pas faire l'objet d'un débat ou d'un marchandage. Au contraire, le remplacement du chef de l'Etat devrait favoriser la réussite de ce dialogue. Ce sont deux dynamiques différentes.

Ce dialogue est-il réellement celui de la dernière chance comme l'ont écrit certains observateurs libanais et étrangers?
Il n'y a pas de dernière chance en politique. Mais vous avez raison, le pays ne supporte plus la situation dans laquelle il se débat depuis de longs mois. Il s'agit de réactiver rapidement les institutions et principalement celle de la présidence, charnière essentielle pour le bon fonctionnement de l'Etat. Il est vrai que le chef de l'Etat n'a plus les mêmes prérogatives que par le passé, mais celles qu'il conserve sont absolument indispensables pour la bonne marche du pays. Selon la Constitution, le président de la République doit être un rassembleur, un bâtisseur, un arbitre, un inspirateur des réformes. Plus vite on arrivera à ce résultat et plus vite on mettra fin aux souffrances infligées au peuple libanais.

Certains partenaires politiques appellent à la tenue d'élections législatives anticipées à la lumière desquelles un nouveau président serait élu. Appuyez-vous une telle initiative?
Non. Cette logique insinue que la légitimité du président et celle du Parlement actuel vont de pair. Or ceci n'est pas vrai. Il ne fait plus de doute que la prorogation du mandat présidentiel a été obtenue par la force, alors que le Parlement a été élu librement, même si le scrutin a eu lieu conformément à une loi injuste.

 

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