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حركة التجدد الديمقراطي
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'Non ? la grande prison arabe, oui au Liban libre, arabe et ind?pendant ', affirme Atallah lors du congr?s fondateur du mouvement, hier La Gauche d?mocratique, une pierre de plus ? l??difice de l?opposition

Michel HAJJI GEORGIOU

C'est bien entouré de ses alliés de toujours - le PSP de Walid Joumblatt en tête, même si ce dernier n'a personnellement pas pu assister à la séance d'ouverture du congrès, pour des raisons qui n'étonneront personne à l'heure actuelle - et de ses " amis " politiques naturels de la gauche et du centre (Kornet Chehwane, le Renouveau démocratique, la Rencontre démocratique, le Bloc national et le Forum démocratique) que la Gauche démocratique, dernier-né de l'opposition, a vu le jour hier, au cinéma Estral, à Hamra.
La " nouvelle gauche ", comme il serait bon de la prénommer, entend initier une nouvelle dynamique aussi bien au sein de la gauche traditionnelle libanaise, paralysée par un discours archaïque et marginalisée, phagocytée, instrumentalisée, depuis au moins vingt ans par la realpolitik syrienne au Liban, qu'au sein d'une société libanaise, victime, si l'on peut dire, des mêmes maux.
Cette vaste mission que s'est assignée la Gauche démocratique, hier, à la fois politique, sociale et intellectuelle, a été exprimée d'une manière claire, courageuse et franche par Elias Atallah, ancien compagnon de Kamal Joumblatt (le nom du " mouallem " a plusieurs fois été applaudi, et son esprit planait hier sur une assemblée des plus rebelles). Atallah n'a pas hésité à fixer trois priorités : le changement social et culturel, la renaissance de la pensée politique et la lutte pour la liberté, face au totalitarisme de toutes sortes. C'est d'ailleurs cette lutte pour la liberté et l'indépendance qui a été le moteur essentiel de son long discours, dans lequel il n'a pas hésité à s'en prendre aux mafias du pouvoir, ou encore à la tutelle syrienne qui a vidé le pays, selon lui, de toute son essence démocratique, institutionnelle et constitutionnelle, et au discours syrien acharné au Liban, alors même que Damas " ne cesse de faire des concessions partout dans le monde ", notamment face à Washington et Ankara.
Parallèlement, il a évoqué le cheminement sûr de l'opposition vers la réconciliation nationale et le dialogue, par-delà les provocations, par-delà le 7 août, l'annulation de la partielle du Metn ou la MTV. Une confrontation entre la logique négative du pouvoir et la logique positive de l'opposition qui sera aussi évoquée par Samir Frangié. Atallah n'a pas hésité également à prendre la défense de Walid Joumblatt, qui a essayé, a-t-il dit, de créer " un nouveau langage par la libanité arabe pour préserver la présence militaire syrienne et la résistance dans le cadre de la lutte contre Israël, et non plus comme un moyen d'ingérence sur la scène libanaise ". " Le plus étrange est qu'il a été victime d'une agression officielle syrienne à travers une dangereuse évocation du passé et une attaque en règle contre Kamal Joumblatt ", a-t-il noté. Atallah a également rejeté l'abolition du confessionnalisme politique, dont la réactivation artificielle et suspecte, après le discours du ministre syrien Farouk el-Chareh sur la question, est perçue par la nouvelle gauche comme une volonté supplémentaire de semer la zizanie au Liban pour justifier le statu quo de la présence syrienne.
Mais il va bien falloir revenir à la logique de l'Etat de droit et de la démocratie " parce que la politique de la domination ne produit que les défaites et les catastrophes. Seule la liberté donne aux peuples la capacité à faire face et à vaincre ". " Non à la grande prison arabe, oui à la liberté, oui au Liban libre, arabe, démocratique et indépendant ", a-t-il conclu.
Autant de thèmes repris, à l'issue de la séance d'ouverture, par le chercheur Ziyad Majed, qui a présenté en quelques minutes le projet de la Gauche démocratique.
A l'issue du congrès, qui s'est terminé en fin d'après-midi, les participants ont élu le comité fondateur du mouvement, dont la présidence est revenue à Nadim Abdel Samad.

 

Nassib Lahoud : La crise la plus dangereuse depuis le début de la guerre   
Troisième à prendre la parole, le chef du Renouveau démocratique, le député Nassib Lahoud, a d'abord adressé un message d'encouragement et d'amitié à la Gauche démocratique avant d'évoquer " l'étape délicate que le pays traverse et l'impasse dans laquelle il s'est retrouvé en raison de la prorogation et de l'amendement constitutionnel ".
Saluant la naissance de la Gauche démocratique, Nassib Lahoud a estimé qu'elle " constitue un pilier supplémentaire qui vient s'ajouter à l'édifice démocratique libanais (...) ". Il a ensuite évoqué la place que la Gauche démocratique a déjà prise dans le combat pour la démocratie et les libertés avant même de naître officiellement, en s'élevant notamment contre " l'atteinte à la Constitution et au pays, la prorogation de la réalité affligeante qui touche de plein fouet la grande majorité des Libanais et le fait d'enfoncer le Liban dans la crise la plus dangereuse depuis la fin de la guerre ".
Sans ambages, il a ensuite rappelé que " notre lecture est toujours la même : la prorogation est une prolongation des crises et des souffrances de longue date du pays. La prorogation est celle de la crise économique, celle de la corruption organisée, pieuvre tentaculaire, et celle du chômage et de l'émigration des jeunes ".
Et de marteler: " Nous voulons sentir qu'il y a un changement réel au niveau de questions essentielles:
1 - l'assainissement des relations libano-syriennes et le fait de traiter le Liban en tant que pays indépendant et allié stratégique réel de la Syrie, pas comme un territoire satellisé ou un espace sécuritaire ;
2 - le respect de l'accord de Taëf dans tous ses aspects ;
3 - l'organisation d'élections législatives libres et démocratiques à la lumière d'une loi équitable, et d'une supervision neutre et transparente, pas à la manière du ministère de l'Intérieur durant les dix dernières années ;
4 - le démantèlement de la pieuvre de la corruption politique ;
5 - l'arrêt de la déviation sécuritaire en cours, celle des services, et le respect des droits politiques de l'opposition et de toutes les forces ;
6 - il faut que la lumière soit faite sur l'agression criminelle contre Marwan Hamadé.
" Tel est notre agenda (...), qui est libanais à 100 %. Nous l'avons mis au point à travers notre lutte dans l'opposition au fil des années, avec le soutien de la majorité du peuple libanais. Nous l'avons exposé, en toute transparence et démocratie, devant le pouvoir au Liban, devant les autres forces politiques et devant nos frères syriens. Jusqu'à présent, nous n'avons pas vu de changement au niveau d'une de ces questions. Mais nous affirmons solennellement à partir de cette tribune : réalisez une progression dans ce sens, et vous n'aurez plus besoin de parler de main tendue parce que nous serons toujours quémandeurs de dialogue et d'entente. En l'absence de tout développement positif, il ne sert à rien d'appeler à la formation d'un cabinet d'union nationale sans changement, ni au niveau du programme ni au niveau du contenu. Il ne sert également à rien de tenir des consultations formelles pour un cabinet préfabriqué dont le but est d'assurer une couverture à la réalité de la prorogation. En l'absence de tout changement réel, le pays restera prisonnier de la crise comme il l'est actuellement, que ce soit avec ou sans nouveau gouvernement ", a-t-il conclu, s'adressant au pouvoir.

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